Incendie en mer : comment réagir ?
A incendie en mer Il s'agit d'une situation d'urgence unique et terrifiante. Sans issue facile et les secours souvent situés à des kilomètres, votre survie dépend entièrement d'une action immédiate et appropriée. À bord d'un navire rempli de carburant et de résines inflammables, une simple étincelle peut déclencher une catastrophe en quelques secondes.
Ce guide se concentre sur les deux piliers de la survie en mer : prévention et état de préparationVous apprendrez à identifier les risques d'incendie courants, à entretenir l'équipement de sécurité essentiel et à suivre un plan d'intervention étape par étape pour protéger votre équipage et votre bateau lorsque chaque seconde compte.
Incendies de bateaux : rares mais extrêmement dangereux
Statistiquement, vous avez bien plus de chances d'être confronté à une panne mécanique ou à un échouement qu'à un incendie. Cependant, bien que rare, l'incendie est l'urgence la plus redoutable qu'un marin puisse rencontrer. À terre, les pompiers sont joignables par téléphone ; en mer, vous êtes les pompiers.
Pourquoi un incendie en mer est une urgence critique
En milieu maritime, un incendie maîtrisable se transforme en une crise mortelle en quelques secondes, et ce pour trois raisons principales :
- Isolement de l'aide : Lorsqu'une alarme retentit en mer, les secours professionnels sont généralement trop éloignés pour intervenir. Vous devez alors vous fier entièrement à votre équipement de bord et à votre formation pour maîtriser la situation avant qu'elle ne devienne catastrophique.
- Propagation rapide du feu : Les bateaux sont conçus avec des espaces vides, des coffres et des conduits de ventilation interconnectés. Ces « cheminées » permettent à la chaleur et aux flammes de se propager à travers la coque à une vitesse terrifiante, piégeant souvent les membres d'équipage dans les cabines ou le cockpit.
- Risques liés à la fumée toxique : Dans les espaces confinés d'une cabine ou d'une salle des machines, l'oxygène est rapidement consommé. La combustion des matériaux marins modernes produit une fumée épaisse, noire et hautement toxique qui peut désorienter et neutraliser une personne en quelques respirations seulement.
Pourquoi les bateaux sont-ils très vulnérables aux incendies ?
Un bateau est essentiellement un assemblage à haute densité de sources de carburant, entassé dans un environnement restreint, vibrant et corrosif.
- Matériaux inflammables : La plupart des coques modernes sont construites en plastique renforcé de fibres de verre (PRFV). Bien que durable, ce matériau utilise des résines dérivées du pétrole, hautement inflammables en cas d'inflammation. Associées aux boiseries intérieures, aux tissus d'ameublement et à la mousse d'insonorisation, les résines d'un bateau constituent un combustible abondant pour un incendie.
- Normes de protection contre l'incendie limitées : Contrairement aux bâtiments commerciaux, les bateaux de plaisance privés sont souvent dépourvus de systèmes d'extinction automatique ou de barrières coupe-feu. Cette absence de protection passive signifie qu'aucun obstacle interne ne peut empêcher un incendie de consumer entièrement le bateau.
Comment un incendie se déclare-t-il sur un bateau ?
Pour combattre ou prévenir efficacement un incendie, il faut d'abord en comprendre la chimie. Un incendie n'est pas un événement aléatoire ; c'est une réaction chimique qui nécessite la présence simultanée de trois éléments spécifiques.
Le triangle du feu expliqué simplement
Les professionnels de la sécurité incendie parlent du « triangle du feu ». Si l'un de ces trois éléments disparaît, le feu s'éteindra :
- Chaleur : Il s’agit de l’énergie initiale nécessaire à l’inflammation. Sur un bateau, elle provient souvent de la surchauffe d’une pièce du moteur, d’un court-circuit ou d’un brûleur de cuisinière chaud.
- Carburant : Il s’agit de toute substance combustible. Les bateaux contiennent une grande quantité de carburant, notamment du diesel, de l’essence, du gaz de cuisson (GPL), de l’huile moteur et les résines de fibre de verre de la coque elle-même.
- Oxygène : Le feu a besoin d’air pour se propager. Dans un cockpit à ciel ouvert, l’oxygène est abondant. Dans un compartiment moteur clos, contrôler l’apport d’oxygène (en gardant les écoutilles fermées) est souvent le seul moyen d’étouffer un incendie.
Pourquoi les incendies se propagent-ils plus vite en mer ?
L'environnement particulier d'un navire accélère la propagation d'un incendie bien plus que dans une habitation classique.
- Ventilation et courants d'air : Les bateaux sont conçus pour être bien ventilés afin d'éviter l'humidité et les fumées. Cependant, ces mêmes aérations agissent comme des soufflets, alimentant directement le foyer de l'incendie en oxygène.
- Conductivité : Les composants métalliques et les mâts en aluminium peuvent conduire la chaleur rapidement, enflammant des matériaux dans des compartiments adjacents qui n'ont même pas été touchés par une flamme directe.
- L’« effet cheminée » : Du fait de la compacité des bateaux, la chaleur monte par les descentes et les écoutilles, atteignant rapidement le pont et le gréement. Ce mouvement ascendant des gaz chauds crée une aspiration qui aspire davantage d’air frais par le dessous, engendrant un cycle auto-entretenu de combustion rapide.
Les causes les plus fréquentes d'incendies de bateaux
Comprendre les zones à risque d'incendie est la première étape de la prévention. À bord d'un navire, la plupart des incendies se déclarent dans des zones à forte énergie : la salle des machines, la cuisine et le tableau électrique.
Incendies liés aux moteurs
La salle des machines est une zone à haut risque car elle combine une chaleur extrême et des fluides volatils.
- Fuites de carburant ou d'huile : Une fuite, même minime, dans une conduite de carburant sous pression peut créer un fin brouillard de gazole ou d'essence. Si ce brouillard entre en contact avec un collecteur d'échappement chaud, il s'enflamme instantanément.
- Surchauffe: Une prise d'eau brute obstruée ou une turbine cassée peuvent provoquer une surchauffe du moteur. Cette chaleur peut à terme endommager la mousse d'insonorisation ou les composants en plastique situés à proximité.
- Mauvaise ventilation : Sans une ventilation adéquate, la chaleur s'accumule jusqu'à des niveaux dangereux et des fumées explosives peuvent s'accumuler, prêtes à s'enflammer à la moindre étincelle.
Feux de cuisine
La cuisine est le lieu le plus fréquent des incendies d'origine humaine, qui surviennent souvent lors de la préparation des repas.
- Graisse et huile : Cuisiner en mer implique de se déplacer sur une plateforme mobile. Une brusque secousse due à une vague peut projeter de la graisse chaude sur un brûleur et provoquer un embrasement instantané.
- Systèmes à gaz : Fuites de gaz de pétrole liquéfié (GPL) Les conduites de butane ou de gaz sont extrêmement dangereuses. Ces gaz étant plus lourds que l'air, ils s'accumulent dans la cale, créant une « bombe » invisible qui peut s'enflammer au moindre contact avec un interrupteur.
Incendies électriques
Les défaillances électriques sont la principale cause d'incendies de bateaux, se déclarant souvent derrière les cloisons où elles restent invisibles jusqu'à ce qu'elles se transforment en un véritable brasier.
- Courts-circuits : les vibrations du moteur et le martèlement des vagues peuvent user l’isolant des fils, entraînant un contact direct métal sur métal.
- Câblage défectueux : L’eau salée est très corrosive. Elle ronge les connexions, créant une résistance élevée qui génère une chaleur intense, souvent suffisante pour faire fondre les matériaux environnants.
- Fusibles incorrects : L’utilisation d’un fusible avec un ampérage trop élevé permet à un circuit de consommer plus de puissance que les fils ne peuvent en supporter, ce qui provoque la surchauffe des fils.
Substances inflammables à bord
Les bateaux servent d'unités de stockage mobiles pour les matières dangereuses.
- Essence et carburant : L'essence mal stockée pour les moteurs hors-bord ou les réservoirs de diesel qui fuient constituent une source constante de carburant à haute énergie.
- Produits chimiques: Les produits de nettoyage, les résines, les peintures et les diluants stockés dans des casiers peuvent libérer des vapeurs inflammables, surtout sous la chaleur tropicale.
Autres causes courantes
- Flammes nues : les bougies et les briquets sont particulièrement dangereux sur un bateau en mouvement où une soudaine rafale de vent ou une inclinaison peuvent les faire tomber sur les sièges.
- Erreur humaine : erreurs simples, telles que laisser un chiffon près d'un moteur chaud or oublier d'éteindre le chargeur de batterie, demeurent les principaux facteurs contribuant aux catastrophes maritimes.
Prévention des incendies à bord d'un bateau : règles de sécurité essentielles
Le meilleur moyen de lutter contre un incendie en mer est de l'empêcher de se déclarer. Une prévention rigoureuse, grâce à un entretien régulier et à des habitudes disciplinées, est la marque d'un marin professionnel.
Contrôles de sécurité avant le départ
Avant de larguer les amarres, une inspection de cinq minutes permet d'identifier les catastrophes potentielles qui ne demandent qu'à se produire.
- Inspection du moteur : vérifiez la présence de liquide stagnant dans la cale. Palpez les conduites de carburant pour détecter d’éventuels points faibles ou fissures et assurez-vous que tous les colliers sont bien serrés. Un moteur sec est un moteur sûr.
- Ventilation : Assurez-vous du bon fonctionnement des ventilateurs de la salle des machines. Faites-les fonctionner pendant au moins quatre minutes avant de démarrer un moteur à essence afin d’éliminer toute vapeur explosive emprisonnée.
- Système électrique : vérifiez la présence de corrosion (aspect verdâtre) sur les bornes ou de fils effilochés. Assurez-vous que les bornes de la batterie sont protégées par des capuchons afin d’éviter qu’un outil tombé ne provoque un court-circuit important.
- Système de gaz: Sentir l'odeur de gaz dans la cuisine et la caleVérifiez visuellement que l'électrovanne ou le robinet d'arrêt manuel du réservoir est fonctionnel.
Pratiques de sécurité à bord
La sécurité est un processus continu qui exige un changement de mentalité de la part de tous ceux qui se trouvent à bord du navire.
- Manipulation du carburant : Ne jamais faire le plein lorsque le moteur ou des appareils électroniques sont en marche. Essuyer immédiatement toute projection de carburant et bien aérer le bateau avant de redémarrer.
- Sécurité en cuisine : Ne laissez jamais un fourneau sans surveillance.Veillez à ce que les rideaux ou les essuie-tout soient tenus loin de la cuisine et « brûlez » toujours le gaz restant dans les conduites en fermant la vanne du réservoir avant d'éteindre le brûleur de la cuisinière.
- Surveillance du matériel : Apprenez à reconnaître les odeurs de votre bateau. Si vous sentez une odeur de plastique brûlé, d’huile chaude ou de carburant non brûlé, n’ignorez pas l’odeur ; recherchez immédiatement la source avant que l’incendie ne se déclare.
Équipements essentiels de sécurité incendie
Disposer des bons outils est inutile s'ils sont périmés ou inaccessibles.
- Extincteurs: Vous devez prévoir au moins un extincteur par cabine, plus un dans la cuisine et un près du moteur. Assurez-vous qu'ils soient homologués pour un usage marin et qu'ils aient été révisés au cours de la dernière année.
- Couvertures anti-feu : Rangeés dans la cuisine, ce sont les meilleurs outils pour éteindre les feux de graisse ou pour envelopper une personne dont les vêtements ont pris feu.
- Détecteurs de fumée et de gaz : Chaque bateau devrait être équipé de détecteurs de fumée de qualité marine et, surtout, d'un détecteur de GPL/CO dans la cale ou dans les zones basses où s'accumulent les gaz lourds.
Types d'incendies de bateaux et comment les gérer
Tous les incendies ne se valent pas. Utiliser un agent extincteur inadapté, comme jeter de l'eau sur un feu de graisse, peut aggraver la situation de façon catastrophique. Il est impératif d'adapter sa réaction à la nature du feu.
Incendies de classe A (matériaux solides)
Il s'agit de matériaux combustibles courants comme le bois, le papier, la fibre de verre et les tissus d'ameublement.
- Eau ou extincteur : Les feux de classe A peuvent être combattus avec de l’eau ou un extincteur à poudre ABC standard. L’eau est efficace car elle refroidit le cœur du matériau, empêchant ainsi toute reprise de feu.
Incendies de graisse (incendies de cuisine)
Ces incidents se produisent lorsque des huiles ou des graisses de cuisson s'enflamment sur la cuisinière.
- N’utilisez jamais d’eau : verser de l’eau sur un feu de graisse provoque une violente explosion de vapeur qui projette de l’huile enflammée dans toute la cabine.
- Utilisez une couverture anti-feu : la méthode la plus efficace consiste à étouffer le feu. Placez délicatement une couverture anti-feu sur la poêle pour couper l’arrivée d’oxygène. Laissez-la en place jusqu’à ce que la poêle soit complètement refroidie.
Incendies du compartiment moteur
Les incendies à l'intérieur du compartiment moteur sont particulièrement dangereux car ils impliquent du carburant et une chaleur intense dans un espace confiné.
- N’ouvrez jamais le compartiment : c’est une règle essentielle. Ouvrir le trappe moteur fournit une énorme « bouffée » d'oxygène frais, ce qui peut transformer un petit feu en une boule de feu explosive.
- Utilisez l'extincteur par l'orifice d'accès : La plupart des bateaux modernes sont équipés d'un petit orifice d'incendie (un trou recouvert d'un couvercle en plastique). Insérez la buse de votre extincteur par cet orifice et videz tout son contenu dans l'espace clos pour étouffer les flammes.
Incendies électriques
Ces problèmes sont souvent signalés par une odeur de plastique brûlé ou d'ozone.
- Coupez immédiatement l'alimentation : coupez l'alimentation au niveau du coupe-batterie principal et de l'alimentation à quai. Cela élimine la source de chaleur du triangle d'incendie.
- Utilisez un extincteur approprié : Utilisez un CO2 or extincteur à poudre sècheN’utilisez jamais d’eau ni de mousse, car ces substances conduisent l’électricité et pourraient provoquer un choc électrique mortel.
Feux à combustible ou à gaz
Il s'agit de carburants liquides comme l'essence et le diesel ou de gaz comme le GPL.
- Coupez l'alimentation : Votre priorité absolue est de couper l'arrivée de carburant. Fermez les vannes de gaz manuelles ou les leviers d'arrêt de carburant.
- Agissez vite : ces incendies se propagent à une vitesse fulgurante. Utilisez un extincteur à poudre ou à mousse pour créer une barrière entre le combustible et l’oxygène, en visant la base des flammes pour les éteindre.
Choisir le bon extincteur pour votre bateau
Choisir un extincteur pour un bateau est différent de choisir un extincteur pour une maison. Sur l'eau, il faut composer avec des espaces confinés, des plateformes mobiles et une variété de carburants. Il vous faut des outils polyvalents et conçus pour le milieu marin, capables de résister au sel et aux vibrations.
Explication des classes de feu (A, B, C, D, F)
Pour choisir l’outil approprié, il faut comprendre la classification internationale des incendies :
- Classe A : Combustibles solides (bois, papier, fibre de verre, tissus).
- Classe B : Liquides inflammables (diesel, essence, huile, peinture).
- Classe C : Gaz inflammables (GPL, butane, propane).
- Classe D : Métaux combustibles (rares sur les bateaux de plaisance, mais présents dans certains composants de moteurs).
- Classe F (ou K) : Huiles et graisses de cuisson (feux de cuisine).
- Incendies d'origine électrique : Bien qu'ils ne constituent pas toujours une « catégorie » distincte, ils sont connus pour nécessiter des agents extincteurs non conducteurs.
Types d'extincteurs
Poudre sèche (ABC)
Le produit « polyvalent » le plus courant pour une utilisation marine. Il utilise une poudre chimique pour interrompre la réaction en chaîne du feu.
- Avantages : Très efficace sur les feux de type A, B et C ; abordable et largement disponible.
- Inconvénients : La poudre est extrêmement salissante, corrosive pour les appareils électroniques et peut provoquer des difficultés respiratoires dans une petite cabine.
MOUSSE
Les extincteurs à mousse fonctionnent en créant une couche qui refroidit et étouffe le feu.
- Avantages : Excellent pour les déversements de carburant liquide (classe B) car il empêche la réinflammation.
- Inconvénients : Ne convient pas aux feux d'origine électrique ; peut être encombrant.
CO2 (dioxyde de carbone)
Le CO2 agit en déplaçant l'oxygène, étouffant ainsi le feu.
- Avantages : Ne laisse aucun résidu ; totalement sans danger pour les appareils électroniques et les moteurs délicats.
- Inconvénients: Très froid (peut provoquer des brûlures par le froid en cas de mauvaise manipulation) ; inefficace par temps venteux sur le pont car le gaz se disperse.
Aérosol
Une technologie plus récente qui libère un fin brouillard de sels de potassium.
- Avantages : Extrêmement compact (tient dans une boîte à gants) ; sans entretien ; laisse un minimum de résidus.
- Inconvénients : Durée de décharge limitée ; convient mieux aux petits feux localisés.
De combien d'extincteurs avez-vous besoin à bord ?
Bien que les réglementations locales (telles que celles de l'USCG ou les normes européennes CE) définissent un minimum légal, une approche axée sur la sécurité exige généralement davantage :
- Petits navires (moins de 7 m) : Au moins un extincteur ABC de 2 kg accessible depuis le poste de pilotage.
- Navires de taille moyenne (7 m à 12 m) : Un dans chaque cabine, un dans la cuisine (à portée de la sortie) et un dans le cockpit.
- Grands navires (plus de 12 m) : Ce qui précède, plus un système de traction automatique ou à distance dédié pour le compartiment moteur.
Conseil de pro : Il est recommandé de secouer tous les extincteurs à bord d’un bateau une fois par mois. Les vibrations du bateau peuvent tasser la poudre des extincteurs ABC en une sorte de « galet » au fond, les rendant inutilisables lorsqu’on appuie sur la gâchette.
Que faire en cas d'incendie sur un bateau (Guide étape par étape)
En cas d'incendie en mer, l'adrénaline peut engendrer la panique. Connaître un protocole précis et détaillé vous permettra, ainsi qu'à votre équipage, d'agir avec la rapidité et la précision nécessaires pour sauver le navire.
Les premières secondes critiques
Le succès dépend de la rapidité avec laquelle vous passez de l'observation à l'action.
- Alertez l'équipage : Criez immédiatement « Au feu ! Au feu ! Au feu ! » ou « Incendie à bord ! » Cela permet de réveiller tout le monde, d'être vigilant et de les faire se diriger vers leur poste de sécurité désigné. Si l'incendie est important, demandez à quelqu'un de se tenir près de la radio VHF.
- Identifiez la source : on ne peut combattre un incendie invisible. Repérez immédiatement le foyer. La fumée provient-elle de la ventilation du moteur, d’un coffre de cabine ou du réchaud de la cuisine ? Connaître la source déterminera l’agent extincteur à utiliser.
Actions immédiates
Une fois le feu localisé, il faut neutraliser les éléments qui l'alimentent.
- Arrêt des systèmes : Coupez le moteur, fermez les vannes d'essence et actionnez les interrupteurs coupe-batterie principaux si l'incendie est d'origine électrique. Cela élimine les éléments « combustible » et « chaleur » du triangle du feu.
- Fermez les écoutilles et les portes : si l’incendie se déclare dans une cabine ou la salle des machines, fermez toutes les ouvertures donnant sur cet espace. Cela limite l’apport d’oxygène et ralentit la propagation des flammes et des fumées toxiques dans le reste du bateau.
- Attaquer le feu correctement: Prenez l'extincteur approprié. Si l'incendie est trop important ou si vous ignorez son origine, concentrez-vous sur la préparation du radeau de sauvetage plutôt que de lutter contre un feu qui ne pourra que se propager.
Comment utiliser efficacement un extincteur
Un extincteur ne dure que pendant 10 à 20 secondesVous devez faire en sorte que chaque seconde compte.
- Approchez-vous avec le vent dans le dos : Si le feu se déclare sur le pont ou dans un cockpit ouvert, restez toujours debout. au prèsCela permet d'éloigner la fumée et les flammes de vous et garantit que l'agent extincteur soit acheminé vers le feu plutôt que vers votre visage.
- Visez la base du feu : Une erreur fréquente consiste à viser le haut des flammes. Pour éteindre un feu, il faut atteindre la source de combustible à la base. Utilisez le CUL méthode:
- Pretirer la goupille.
- AJe suis à la base.
- SAppuyez sur la gâchette.
- Spleurer d'un côté à l'autre.
Quand et comment abandonner le bateau
La décision la plus difficile pour un capitaine est de déterminer à quel moment le bateau n'est plus un endroit sûr. S'il faut combattre un incendie tant que cela ne présente aucun danger, il est impératif de reconnaître le « point de non-retour » avant que l'évacuation ne devienne impossible.
Signes que l'incendie est hors de contrôle
Si l'un des événements suivants se produit, vous devez immédiatement passer de la sauvegarde du navire à la sauvegarde des vies humaines :
- Le feu atteint les réservoirs de carburant : si les flammes se trouvent à proximité de la conduite principale d'alimentation en carburant ou des réservoirs de GPL, une explosion est imminente.
- Fumée incontrôlable : Si une fumée épaisse et toxique rend impossible la visibilité ou la respiration dans le cockpit ou les cabines.
- Risque de défaillance structurelle : si la coque commence à se ramollir ou si le feu brûle sous la ligne de flottaison, le bateau perdra bientôt sa flottabilité.
- Tentatives d'extinction infructueuses : Si vous avez épuisé vos extincteurs et que les flammes continuent de se propager.
Procédure d'évacuation
Lorsque l’ordre d’« Abandonner le navire » est donné, la discipline est essentielle pour garantir que chacun puisse quitter le navire en toute sécurité.
- Mettez le radeau de sauvetage à l'eau : si possible, déployez-le du côté au vent, ou à l'extrémité du bateau la plus éloignée des flammes. Assurez-vous qu'il soit solidement amarré au bateau jusqu'à ce que tout le monde soit à bord, puis coupez la corde une fois la zone dégagée.
- Restez au vent : le feu se propage avec le vent. En vous tenant au vent du navire en feu, vous évitez la chaleur, les fumées toxiques et le risque que le combustible flottant ne prenne feu à la surface de l’eau autour de vous.
- Prenez le « sac d’évacuation » : assurez-vous que quelqu’un prenne le sac d’évacuation d’urgence contenant votre radio VHF portative, votre balise EPIRB, vos fusées éclairantes et de l’eau.
Envoyer un appel de détresse (Mayday)
Il faut communiquer dès qu'un incendie est jugé grave. N'attendez pas d'être sur le point de sauter à l'eau pour appeler à l'aide.
- L'appel de détresse : Utilisez le canal VHF 16. État "Mayday, Mayday, Mayday, suivi du nom de votre bateau, de sa position (coordonnées GPS), de la nature de l'urgence (« Incendie à bord ») et du nombre de personnes à bord.
- Activer la balise EPIRB : Si vous possédez une balise de détresse, activez-la immédiatement. Elle transmettra votre position exacte aux satellites de recherche et de sauvetage.
- VHF portable : Une fois dans le radeau de sauvetage, gardez votre radio VHF portative allumée et prête à communiquer avec les navires ou aéronefs intervenant.
Comment se protéger en cas d'incendie en mer
Lors d'un incendie ou d'une évacuation, votre priorité est de minimiser les risques de brûlures et d'inhalation de fumée. Dans la panique d'une situation d'urgence, vos vêtements peuvent devenir une protection ou un danger important.
Vêtements et équipements de protection
L'équipement que vous choisissez dans les premières secondes d'un incendie peut déterminer la gravité des brûlures et votre capacité à rester mobile.
- Évitez les matières synthétiques : la plupart des vêtements techniques de voile et d’été modernes sont en polyester, nylon ou élasthanne. En cas d’incendie, ces matières ne se contentent pas de brûler ; elles fondent et collent à la peau, provoquant des brûlures profondes et douloureuses, dites « brûlures plastiques ». Si vous en avez le temps, privilégiez les fibres naturelles comme le coton épais ou la laine, bien plus résistantes au feu.
- Utilisez des vêtements mouillés pour vous protéger : si vous devez passer près des flammes ou entrer dans une cabine enfumée pour récupérer un gilet de sauvetage, trempez d’abord vos vêtements dans l’eau de mer. Le tissu mouillé offre une barrière thermique temporaire contre la chaleur rayonnante et est beaucoup plus difficile à enflammer. Enrouler une serviette humide autour de votre tête peut également protéger vos cheveux et vos oreilles des brûlures dues aux éclairs.
Le danger des fumées toxiques
Si les flammes constituent la menace la plus visible, la fumée est un tueur silencieux à bord d'un bateau. Les résines et les mousses utilisées dans la construction navale libèrent un mélange de cyanure d'hydrogène et de monoxyde de carbone lorsqu'elles brûlent.
- Restez au ras du sol : la fumée et la chaleur montent. Si vous vous déplacez dans une cabine, gardez la tête aussi près du sol que possible, là où l’air est le plus frais et le plus pur.
- Filtrez votre respiration : Bien que cela ne remplace pas un masque à gaz, respirer à travers un tissu humide peut aider à filtrer les plus grosses particules de suie et à refroidir l’air qui entre dans vos poumons, prévenant ainsi les dommages thermiques à vos voies respiratoires.
- Ne sous-estimez pas la désorientation : la fumée toxique provoque confusion et vertiges quasi instantanément. Si vous ne voyez pas la sortie deux secondes après être entré dans une zone enfumée, évacuez immédiatement. Il est très facile de se perdre dans un chalet familier une fois qu'il est rempli d'une épaisse fumée noire.
Entraînement et préparation : la clé de la survie
Lorsqu'un incendie se déclare, on ne se surpasse pas ; on retombe au niveau de sa formation. Dans le contexte stressant d'un navire en feu, la mémoire musculaire et une organisation sans faille sont ce qui empêche un désastre de se transformer en tragédie.
Importance des séances d'information sur la sécurité
Chaque fois qu'un nouveau passager ou membre d'équipage monte à bord, un briefing de sécurité est obligatoire. Il ne doit pas s'agir d'une simple conversation, mais d'une présentation structurée des consignes de sécurité.
- Emplacement du matériel : Indiquez précisément l’emplacement de chaque extincteur et de la couverture anti-feu. Assurez-vous que chacun sache comment actionner les loquets ou les supports qui les maintiennent.
- Le port d'incendie : Si votre bateau est équipé d'un port d'incendie moteur, signalez-le. La plupart des passagers ignorent l'utilité de ce petit orifice bouché si vous ne leur expliquez pas.
- Voies d'évacuation : Identifiez au moins deux issues de secours pour chaque cabine. En cas d'incendie, l'escalier principal pourrait être bloqué par les flammes provenant de la cuisine ou de la salle des machines.
Attribution des rôles à l'équipage
Le chaos est l'ennemi de la lutte contre les incendies. Si chacun tente d'accomplir la même tâche, des étapes cruciales sont négligées. Attribuez les rôles en fonction du nombre de personnes à bord :
- Le pompier : La personne la plus proche de l'extincteur qui déclenche l'attaque des flammes.
- Le communicateur : la personne chargée de se rendre à la radio VHF pour préparer un appel de détresse et activer la balise EPIRB.
- Le préparateur : la personne qui déclenche les procédures d'évacuation par étapes, comme par exemple faire porter des gilets de sauvetage à tout le monde et préparer le radeau de sauvetage ou le canot de sauvetage pour la mise à l'eau.
L'importance de la formation incendie
Le feu se propage plus vite que vous ne pouvez penser. L'entraînement remplace l'hésitation par l'action.
- Exercices pratiques : Effectuez de temps en temps un exercice « à froid » où vous criez « Au feu dans la cuisine ! » et chronométrez le temps nécessaire à l'équipage pour atteindre l'extincteur et la couverture anti-feu.
- Connaissance des extincteurs : Nombreux sont les marins qui n'ont jamais utilisé d'extincteur. Si vous possédez des extincteurs en fin de vie, ne les jetez pas : mettez-les en lieu sûr à terre et entraînez chaque membre d'équipage à la technique « PASS » (Passer, Appuyer, Appuyer) afin qu'il se familiarise avec le recul et la durée de la pulvérisation.
- Répétition mentale : Visualisez régulièrement différents scénarios d'incendie (par exemple : « Et si le moteur prenait feu maintenant ? »). Cette représentation mentale atténue la réaction de surprise en cas d'urgence réelle.
Conclusion
Le meilleur incendie est celui qui ne se déclare jamais. En privilégiant un entretien rigoureux des moteurs et des consignes de sécurité régulières, on transforme une catastrophe potentielle en un risque gérable.
Restez calme et agissez vite. En cas d'urgence maritime, la réussite repose sur l'anticipation et la capacité d'utiliser son équipement sans hésitation. Entretenez votre matériel, formez votre équipage et faites toujours de la sécurité votre priorité absolue.

